L’historique du Musée1 |
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![]() Fig. 1. Vue de l’intérieur du Musée historique de l’Île Perrot Vers 1955 © Centre d’histoire La Presqu’île, fonds du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, P-78 |
Un premier lieu d’accueil : le Musée historique de l’Île Perrot (1953-1958)Comme plusieurs établissements muséaux, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges a connu des débuts modestes. Profitant de l’appui du curé de l’époque, l’abbé Valérien Carrière, il fut décidé d’aménager la salle paroissiale située à proximité de l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal, à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot (fig. 1). Portant l’appellation de Musée historique de l’Île Perrot, cette nouvelle institution embryonnaire recueillera les premiers objets qui constitueront la base des collections actuelles du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges.Une vision nationaliste et un geste de sauvegarde du patrimoineLa création de ce musée est le résultat des nombreux efforts de la part de gens passionnés et visionnaires dont les gestes avaient pour but principal de conserver, pour les générations futures, les traces du passé de la société canadienne-française alors en pleine mutation. De plus, dans l’esprit des membres fondateurs, il fallait agir rapidement afin de contrer la destruction pure et simple du patrimoine matériel québécois et d’éviter sa dispersion vers les États-Unis. |
Une population mise à contribution et deux importants membres fondateursC’est dans ce contexte que furent organisées, jusqu’à la fin des années 1960, des tournées systématiques des campagnes, des villages, des granges et greniers, de même que chez les antiquaires de la région de Vaudreuil-Soulanges pour inciter la population à offrir en donation leurs « trésors » familiaux et les mettre à l’abri au Musée. Si les gens de la région contribuèrent à l’essor du Musée historique de l’Île Perrot, plusieurs des membres fondateurs de l’institution mettront également l’épaule à la roue à titre de mécènes. Deux d’entre eux, parmi les plus connus et les plus actifs, seront sans contredit : Roger Maillet (1896-1960) (fig. 2) et Lucien Thériault (1897-1983). Respectivement, l’un co-fondateur du Petit Journal, premier tabloïd de langue française en Amérique du Nord avec le plus grand tirage pendant plus de vingt ans et l’autre réalisateur à la Société Radio-Canada d’émissions radiophoniques telles que Un homme et son péché écrit par Claude-Henri Grignon. Maillet et Thériault, férus d’art et d’histoire, offriront plusieurs pièces importantes à leur musée.Des donateurs influentsAfin de favoriser le succès de leur entreprise, les membres fondateurs du Musée historique de l’Île Perrot mettront à profit leurs nombreux contacts dans le monde politique, artistique et économique québécois. Pour cette raison, nos collections contiennent encore aujourd’hui des œuvres d’art et des objets ayant appartenu à des personnalités en vue de l’époque : le premier ministre Maurice Duplessis, le maire de Montréal Camillien Houde, l’auteur-compositeur Félix Leclerc (fig. 3), la comédienne Juliette Béliveau, les peintres Ernst Neumann et Umberto Bruni. |
![]() Fig. 2. Le colonel Roger Maillet (première rangée, à gauche) et des travailleurs devant le Musée historique de l’Île Perrot Vers 1953 © Centre d’histoire La Presqu’île, fonds du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, P-13-1-1 |
![]() Fig. 3. Félix Leclerc remettant sa guitare à Lucien Thériault 1953 © Archives nationales du Canada, PA-100870 |
Un musée à l’étroit et un déménagement dans une ancienne école de garçons |
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La fin des années 1950 marque un tournant décisif dans l’histoire du Musée historique de l’Île Perrot. En effet, l’arrivée continuelle d’artefacts et pièces de toutes sortes entre les murs de la petite salle paroissiale obligera les dirigeants de l’institution à rechercher un nouvel endroit pour y loger leurs collections et accueillir leurs visiteurs. Heureusement, une solution se présenta à eux, dès l’été 1957, sous la forme d’un appel à l’aide d’un de leurs collaborateurs, le comédien et animateur radiophonique Guy Mauffette (beau-frère de Lucien Thériault). En effet, celui-ci découvrant que l’ancienne école Saint-Michel de Vaudreuil est sur le point de tomber sous le pic des démolisseurs, alerte les membres fondateurs du Musée qui sauveront in extremis le bâtiment centenaire construit entre 1857 et 1859 (fig. 4). Suivront deux années de discussions amicales après lesquelles la Commission scolaire de Vaudreuil consentira, en juillet 1959, à céder gratuitement l’ancienne école des garçons pour en faire un musée (fig. 5). Dès lors, le Musée |
![]() Fig. 4. Pupitre de l’ancienne école modèle Saint-Michel de Vaudreuil 1859 Bois, fonte et peinture © Collection du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges X87.113.1 Photographie : Yvon Latreille |
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historique de l’Île Perrot changera de nom pour devenir le Musée historique de Vaudreuil. Ce n’est qu’en 1980 que l’appellation de Musée régional de Vaudreuil-Soulanges fera son apparition afin de souligner son rôle d’animateur, de diffuseur et de conservateur du patrimoine pour l’ensemble du territoire comprenant les anciennes seigneuries de Vaudreuil, de Soulanges et de l’île Perrot. |
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![]() Fig. 5. Salle d’exposition située au premier étage du musée en 1967 Carte postale, 1967 © Collection du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges 79.345 |
Un bâtiment à restaurer avant la réouverture officielle en 1965Très peu utilisé après 1953, suite au déménagement des classes de garçons vers une nouvelle école mixte, le vieux bâtiment de trois étages était dans un piteux état. Un travail considérable de collecte de fonds fut mené par Lucien Thériault, directeur-conservateur et son équipe afin d’entreprendre d’importants travaux de restauration du bâtiment de pierre (fig. 6). De plus, comme un problème n’arrive jamais seul, l’ensemble de cette nouvelle tâche colossale devra être effectué sans l’un des piliers du Musée historique de l’Île Perrot, Roger Maillet, décédé le 13 mars 1960 (fig. 7). Bien qu’accessible au public durant presque toute la durée de la restauration2, le Musée ouvrira officiellement ses portes le 18 juillet 1965, en présence du premier ministre Jean Lesage (fig. 8), de Paul Gérin-Lajoie, ministre de l'Éducation et député de Vaudreuil-Soulanges et de Claire Kirkland-Casgrain, ministre du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche. |
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![]() Fig. 6. Lucien Thériault et le maire de l’époque, Gilles Brouillard, devant l’entrée principale du musée avant sa restauration 1964 © Centre d’histoire La Presqu’île, fonds du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, P-362 |
![]() Fig. 7. Portrait de Roger Maillet M. Ciani (Italie, Rome) 1948 Huile sur toile Don de madame Fernande Létourneau, Notre-Dame-de-l’Île-Perrot © Collection du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, X973.108 Photographie : Yvon Latreille |
![]() Fig. 8. L’arrivée de Jean Lesage, de Paul Gérin-Lajoie et Gilles Brouillard lors de l’inauguration du Musée historique de Vaudreuil Germaine St-Denis 18 juillet 1965 Huile sur toile © Centre d’histoire La Presqu’île, fonds de la paroisse Saint-Michel de Vaudreuil, M18/A1 3,132 |
Le rêve se poursuitCette aventure qui nous a conduit de l’île Perrot à l’ancien village de Vaudreuil se poursuit encore aujourd’hui. Enraciné dans sa communauté, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges a connu diverses phases de changements et d’adaptations qui lui procurent un rayonnement sans précédent. D’une salle paroissiale située à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, |
l’institution occupe actuellement un espace de 1 175 m2. La disposition pêle-mêle des objets a fait place à une mise en exposition utilisant les techniques actuelles de diffusion, le design et la scénographie (fig. 9). Si le Musée peut dorénavant s’appuyer sur une équipe d’historiens et de muséologues pour sa gestion et son essor, le rôle des bénévoles, des membres, des mécènes et des donateurs continue à être, comme à l’origine, essentiel à son essor. Ainsi, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges demeure toujours un lieu de passion inspiré par ses fondateurs les Roger Maillet, Lucien Thériault, Valérien Carrière, Joseph Gest et Fernande Létourneau (fig. 10). De plus, compte tenu de son importance croissante dans les domaines national et provincial, le Musée continue d’être à l’écoute et en symbiose avec la région qui l’accueille et le soutient fidèlement depuis plus de cinquante ans.![]() Fig. 9. L’exposition la Nuit des cités de Dominic Besner Michel Morissette 2007 © Musée régional de Vaudreuil-Soulanges 1. Sébastien Daviau, « Un rêve devenu réalité, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges », Cap-aux-Diamants, no 84, hiver 2006, pp. 37-39.
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![]() Fig. 10. Photographie des membres fondateurs de la Société historique de Vaudreuil-Soulanges lors d’une réunion qui s’est tenue à la résidence de Roger Maillet (l’Arche) à Notre-Dame-de-l’Île Perrot. 1953 © Centre d’histoire La Presqu’île, fonds du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, P-13-1-1-9 De gauche à droite et de bas en haut : abbé Valérien Carrière, Fernande Létourneau, Joseph Péladeau, Maurice Goudreault, Joseph M. Gest, Roger Maillet, Hector Bourgouin, Lucien Thériault et Louis Carrier. 2. Entre avril 1964 et juillet 1965, devant l’ampleur des travaux de restauration, le bâtiment de l’ancienne école sera fermé aux publics. Les collections seront entreposées à l’intérieur de quatre classes de l’Institut de technologie de la Cité-des-Jeunes. Nettoyés, astiqués et cirés en attendant d’être à nouveau dévoilés dans les salles d’exposition du Musée, les objets recevront néanmoins la visite de quelques personnes (journalistes, hommes politiques et membres d’associations diverses). |
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